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Jeudi 25 janvier 2018, à 23h19
Maman,

Six ans plus tard, je reçois toujours quelques messages de personnes qui pensent à toi en ce 25 janvier, et six ans plus tard je constate qu'il est toujours aussi important pour moi de prendre un moment pour me souvenir de toi en cette journée.

Je n'ai pas peur d'oublier qui tu étais, ni d'oublier nos souvenirs, mais je sens qu'avec le temps qui passe, c'est de plus en plus facile de ne plus penser à toi au quotidien, et de me tourner vers l'avenir plutôt que vers le passé. Naturellement, tu es là mais tu t'éloignes. Tous les ans, je suis un peu moins affectée par ton absence même s'il m'arrive encore de la ressentir fortement dans mes moments de doutes et de solitude.

Je suis devenue une grande fille maintenant maman. Je pourrais continuer ma vie sans toi mais j'en reviens toujours à l'idée que la vraie difficulté du deuil, ce n'est pas de tourner la page, c'est au contraire de lutter contre l'oubli.

Alors à ceux qui me posent la question, je réponds que le 25 janvier est une excuse. C'est une occasion de me forcer à sortir l'album photos et de sourire devant les photos de toi avec ton ventre de grossesse, de toi en train de m'embrasser à la naissance, de toi me faisant voler dans tes bras, de toi avec tes trois enfants, de toi avec papa, de toi dans plein de situations...
Les larmes coulent mais doucement, et c'est agréable de voir que ton absence me pique toujours les yeux. Ca me fait plaisir de parler de toi à ceux qui acceptent de m'écouter, de raconter tes histoires et de m'obliger à me sentir triste.

On me dit parfois que je te ressemble physiquement. Je sais que ce n'est pas notre unique ressemblance. J'essaye de garder en tête tout ce que tu m'as inculqué, et je te promets que j'essayerai de transmettre tes valeurs le jour où ce sera possible.

Je ne t'oublie pas.

(6 ans)